Syndrome de Wobbler chez le cheval

Syndrome de Wobbler chez le cheval

 

Votre cheval trébuche un peu plus souvent, il manque un appui dans un virage, il paraît moins stable, moins précis dans ses mouvements.

Il y a des moments où l’on sent que quelque chose change chez son cheval, sans réussir à expliquer clairement ce qui se passe. Au début, on cherche des explications simples comme la fatigue, le terrain, un manque de musculature, une gêne ou raideur passagère etc. Et puis les semaines passent, les petits signes s’accumulent, on prend conscience que quelque chose ne tourne plus rond.

Chez certains chevaux, ces symptômes peuvent cacher une affection neurologique sérieuse qui s’appelle le syndrome de Wobbler.

Une maladie encore assez méconnue de nombreux cavaliers, mais qui peut bouleverser profondément le quotidien du cheval comme celui de son propriétaire.

Qu’est-ce que le syndrome de Wobbler ?

Le terme “Wobbler” vient de l’anglais to wobble, qui signifie vaciller/osciller/chanceler. Il décrit assez bien la démarche que l’on retrouve chez les chevaux atteints, à savoir : instable, hésitante, parfois maladroite.

Derrière le nom de ce syndrome, se cache une atteinte neurologique appelée myélopathie cervicale compressive. En clair, certaines vertèbres du cou compriment la moelle épinière ce qui a pour conséquence une moins bonne circulation des informations nerveuses entre le cerveau et les membres du cheval.

Le cheval sait ce qu’il veut faire mais ses membres ne répondent plus correctement.

Les mouvements deviennent moins précis, moins fluides. Certains chevaux semblent perdre progressivement leur coordination, parfois de façon très discrète au départ.

Aujourd’hui, le syndrome de Wobbler est considéré comme l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes chez le cheval.

Les chevaux les plus à risque

Le syndrome de Wobbler touche surtout les chevaux de grande taille et à croissance rapide.

Les Warmbloods, Pur-sang Anglais ou Quarter Horses sont régulièrement concernés, notamment dans les lignées sportives. Certaines études estiment d’ailleurs que le syndrome pourrait toucher jusqu’à 3 % des Pur-sang.

Les premiers symptômes d’ataxie chez le cheval apparaissent souvent entre 6 mois et 4 ans, au moment où il grandit le plus vite.

Plusieurs facteurs semblent favoriser l’apparition de la maladie :

  • une croissance très rapide 
  • une alimentation trop riche ou déséquilibrée
  • certaines prédispositions génétiques 
  • des contraintes importantes sur les cervicales.

Les chevaux de sexe mâle (entier puis hongre) semblent également davantage touchés par le syndrome le Woobler.

Mais attention, un cheval adulte n’est pas totalement à l’abri. Certaines formes apparaissent plus tardivement, notamment chez des chevaux de sport ayant subi beaucoup de contraintes physiques au fil des années.

Qu’est-ce que le syndrome de Wobbler

Les premiers signes du syndrome de Wobbler peuvent apparaitre dès l’âge de 6 mois chez le poulain. Une croissance rapide est un facteur qui favorise ce syndrome. Crédit photo Zuzanna Kozik pour Unsplash

Des signes parfois très discrets au début

C’est ce qui rend le syndrome de Wobbler aussi difficile à repérer.

Au départ, les symptômes peuvent sembler anodins. Le cheval trébuche un peu plus souvent, surtout des postérieurs. Il paraît moins à l’aise dans ses transitions. Il peut toucher quelques barres alors qu’il n’en avait pas l’habitude.

Beaucoup de propriétaires parlent d’un cheval “bizarre”, sans réussir à expliquer précisément pourquoi.

Petit à petit, les troubles neurologiques deviennent plus visibles.

Le cheval peut :

  • croiser les postérieurs
  • perdre l’équilibre dans les virages
  • avoir du mal à reculer
  • se désunir au galop
  • manquer de coordination 
  • présenter une faiblesse de l’arrière-main

Dans les cas les plus avancés, certains chevaux deviennent franchement vacillants et peuvent chuter. Et c’est souvent à ce moment-là que les propriétaires réalisent que le problème dépasse largement une simple maladresse.

 

Pourquoi cette maladie inquiète autant ?

Le syndrome de Wobbler est redouté pour plusieurs raisons.

La première, évidemment, c’est la sécurité.

En effet, un cheval atteint de troubles neurologiques peut perdre l’équilibre brutalement ou réagir de manière imprévisible. À l’obstacle, en extérieur ou même sur le plat, les risques deviennent rapidement importants pour le cavalier comme pour le cheval.

Mais il y a aussi toute la dimension émotionnelle à prendre en compte. Beaucoup de propriétaires décrivent le sentiment de voir leur cheval “s’éteindre” progressivement. Le diagnostic peut prendre du temps, les symptômes évoluent parfois lentement et l’incertitude devient mentalement très difficile à gérer.

D’autant que plusieurs maladies peuvent provoquer des signes similaires comme la rhinopneumonie équine ou encore le harper australien.

 

Comment le diagnostic est-il posé ?

Lorsqu’un syndrome de Wobbler est suspecté, le vétérinaire commence généralement par un examen neurologique complet.

Le cheval est observé dans différentes situations : en ligne droite, en cercle, au recul, lors de tests de proprioception etc. Ces examens permettent déjà d’évaluer le degré d’atteinte neurologique.

Des radiographies des cervicales sont ensuite réalisées afin de rechercher d’éventuelles anomalies vertébrales.

Mais l’examen de référence reste souvent la myélographie. Il s’agit d’un examen réalisé sous anesthésie générale qui consiste à injecter un produit de contraste autour de la moelle épinière afin de visualiser précisément les zones de compression.

Dans certains centres spécialisés ou cliniques équines, le scanner ou l’IRM peuvent également être utilisés dans le diagnostic.

Les idées reçues sur le syndrome de Wobbler

Lors du diagnostic, le vétérinaire procède d’abord à l'observation de la locomotion du cheval dans ses déplacements, en ligne droite, sur un cercle, en virage, au reculé. Crédit photo Artistic Frames pour Unsplash

Existe-t-il un traitement ?

Tout dépend de la gravité des lésions et du stade auquel la maladie est détectée.

Chez certains jeunes chevaux présentant des formes modérées, une prise en charge conservatrice peut être tentée. L’objectif est alors de ralentir l’évolution des lésions et de stabiliser l’état neurologique.

Cela passe souvent par :

  • une adaptation de l’alimentation
  • un contrôle de la croissance 
  • du repos 
  • des anti-inflammatoires 
  • une modification du travail

Lorsque la compression de la moelle épinière est importante, une chirurgie (arthrodèse cervicale) peut parfois être envisagée.

Le principe est de stabiliser certaines vertèbres cervicales afin de limiter les mouvements responsables de la compression.

Les résultats sont variables, mais certains chevaux retrouvent une qualité de vie satisfaisante, voire une activité sportive adaptée. La récupération reste toutefois longue et demande beaucoup de patience.

Notons que certaines cliniques équines française et européennes se sont spécialisées dans les interventions de ce syndrome avec de très bons résultats. La médecine et la chirurgie vétérinaires ont fait d’énormes progrès ces dernières années, permettant à de nombreux chevaux auparavant condamnés de pouvoir être sauvés.

 

Un pronostic très variable

Le syndrome de Wobbler ne signifie pas automatiquement qu’il n’y a plus d’avenir possible pour le cheval. Mais le pronostic reste réservé et dépend énormément de la précocité du diagnostic.

Plus la maladie est prise en charge tôt, plus les chances de stabilisation sont importantes.

À l’inverse, un cheval qui présente déjà des troubles neurologiques marqués aura souvent un avenir sportif compromis.

Dans certains cas sévères, la question du bien-être et de la sécurité peut malheureusement conduire à envisager l’euthanasie du cheval.

 

Peut-on prévenir le syndrome de Wobbler ?

Il n’existe pas vraiment de prévention, mais certaines précautions semblent importantes, surtout chez les jeunes chevaux de grande taille.

Une croissance trop rapide et des rations trop riches semblent notamment augmenter les risques. Un suivi nutritionnel adapté, une surveillance attentive de la croissance et une prise en charge rapide des premiers signes de maladresse restent aujourd’hui les meilleures armes disponibles.

 

Les idées reçues sur le syndrome de Wobbler

“Un cheval qui trébuche à forcément un problème de pieds ou de dos” : Pas toujours. Certains chevaux atteints du syndrome de Wobbler ont d’abord été pris pour des chevaux simplement mal ferrés, raides ou peu musclés.

“Le syndrome de Wobbler touche uniquement les jeunes chevaux” : Les jeunes chevaux sont les plus concernés, mais des formes dégénératives existent aussi chez l’adulte.

“Un cheval Wobbler doit forcément être euthanasié” : Non, certains chevaux peuvent être stabilisés et conserver une bonne qualité de vie. Tout dépend du degré d’atteinte neurologique et de la rapidité de prise en charge.

“Après une chirurgie, le cheval redevient normal rapidement” : La récupération est généralement longue. Plusieurs mois sont souvent nécessaires avant d’espérer une amélioration stable.

“Le syndrome de Wobbler se voit immédiatement” : L’un des pièges de cette maladie c’est justement que les premiers signes peuvent être relativement discrets pendant longtemps.

 

FAQ : Les questions que se posent souvent les propriétaires

Le syndrome de Wobbler est-il héréditaire ?

Une prédisposition génétique semble exister, même si les mécanismes exacts restent encore mal connus aujourd’hui.

 

Peut-on continuer à monter un cheval atteint ?

Cela dépend du degré d’atteinte neurologique. Dans les formes marquées, monter le cheval peut devenir dangereux.

 

Quel est le coût de la prise en charge ?

Les coûts peuvent vite devenir importants entre les examens neurologiques, les radiographies, la myélographie, l’hospitalisation, une chirurgie éventuelle, on peut arriver à un montant de plusieurs milliers d’euros.

 

Le cheval peut-il retrouver une vie normale ?

Certains chevaux retrouvent une bonne qualité de vie après traitement alors que d’autres garderont des séquelles neurologiques plus ou moins importantes.

 

Un cheval adulte peut-il développer un syndrome de Wobbler ?

Oui, même si les jeunes chevaux sont les plus touchés, certaines formes apparaissent chez des chevaux adultes.

 

Quand les frais vétérinaires deviennent difficiles à anticiper

Le syndrome de Wobbler fait partie des pathologies équines qui peuvent rapidement entraîner des frais vétérinaires très lourds.

Examens neurologiques, imagerie médicale, hospitalisation, chirurgie, suivi post-opératoire et les dépenses s’accumulent parfois en très peu de temps. Dans ce type de situation, la question financière ne devrait jamais empêcher un propriétaire de faire soigner correctement son cheval.

C’est dans ces moments qu’une assurance santé équine fait une réelle différence.

Chez Hipassur, nous accompagnons les propriétaires de chevaux face aux imprévus de santé, qu’il s’agisse d’accidents, de maladies ou d’affections neurologiques. L’assurance santé chevaux permet d’aborder les décisions et les soins vétérinaires avec davantage de sérénité et de se concentrer pleinement sur le bien-être de son cheval.

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Sources :

https://www.markelintl.fr/pdf/Wobbler_Syndrom.pdf

https://www.lepointveterinaire.fr/publications/la-semaine-veterinaire/archives/n-1534/le-syndrome-de-wobbler-chez-le-cheval.html

 

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